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- Son parrain et sa marraine ont été son oncle et sa tante, Adélard Kirouac et Marie-Anna Kirouac.
À l’âge de 14 ans, Adélard Gingras est condamné à six mois de prison pour le vol de quatre bouteilles de lotion et d'autres produits de pharmacie valant quatre dollars.
Gingras est fasciné par le feu et les pompiers. À 20 ans, le dimanche 23 juin 1929, il met le feu au cinéma Théâtre Impérial, sur la rue Saint-Joseph à Québec (Québec). Lorsque l’alarme est sonnée, une excitation, voisine de la panique, s’empare des 400 spectateurs. Heureusement, le feu est rapidement éteint et il n’y a pas de victimes. Gingras est aussi accusé d’avoir mis le feu au Théâtre Princesse, situé à deux pas de l’Impérial. Depuis décembre, plusieurs débuts d’incendie avaient été observés dans ces deux établissements. Les soupçons s’arrêtent sur Gingras lorsque les autorités sont informées que le jeune homme avait été vu, au moment de l’incendie, s’éloignant en courant du Théâtre Impérial. Il est alors arrêté. En juillet 1929, il est condamné à quatre ans de pénitencier pour l’incendie du Théâtre Impérial. Faute de preuves, il semble avoir été innocenté de la seconde accusation. Libéré sur parole le 4 avril 1931, il est condamné pour vol le 6 janvier 1932. Il purge six mois pour ce crime et le restant de sa peine initiale, puis il est libéré le 24 février 1934.
En octobre 1935, il est soupçonné d’avoir allumé cinq incendies dans le quartier Saint-Sauveur, mais malgré de fortes présomptions, aucune condamnation n’est rendue. Incorrigible, le 4 septembre 1936, Gingras est de nouveau condamné à six mois de prison pour avoir sonné de fausses alarmes. Il avait été capturé par le constable Patrick Kirouac (note de l'AFK : fils de John Kirouac et Élisabeth Blondin, GFK 02656, de la branche originaire de Douglastown en Gaspésie) dans le quartier Saint-Sauveur, après que ce dernier l’a suivi pendant des heures, de Limoilou jusqu'à l'endroit où il sonna la fausse alarme. Le constable Kirouac soupçonnait Gingras depuis plusieurs semaines, mais il n’avait jamais pu le pincer sur le fait malgré une filature active. « Le soir de l’arrestation, le constable Kirouac avait filé le prévenu pendant toute la soirée. Gingras se rendit à Limoilou, mais le constable Kirouac le suivait en automobile, et c’est après bien des allées et venues que l’homme se décida à sonner la fausse alarme, qui fut sa dernière », écrit un journaliste.
Le 9 juillet 1939, un incendie cause la mort de Joseph Pelletier, 60 ans. Adélard Gingras avait passé l’après-midi avec le défunt. Faute de preuves, le coroner conclut à une mort accidentelle.
Le 24 janvier 1944, Gingras est condamné pour ivresse. Durant la nuit de Noël 1943, un incendie se déclare au 272, rue Kirouac à Québec (Québec). Paul-Henri Gingras, 22 ans, frère d’Adélard (note de l'AFK : son demi-frère en fait, né du deuxième mariage de son père avec Georgiana Percy), qui demeurait avec sa mère, décède. Il était seul au moment de l’incendie. Évidemment, les antécédents d’Adélard Gingras le rendent suspect. Le coroner conclut que l’origine de l’incendie est douteuse et le verdict est laissé ouvert pour permettre à la police de continuer ses recherches, bien qu'aucune accusation ne sera portée contre lui.
« Un “pyromane incorrigible” écope de huit années de bagne », titre le journal L’Action le 14 juin 1968. La veille, Adélard Gingras, présenté alors comme un journalier errant de 59 ans, est condamné à une peine de huit années de bagne pour avoir allumé un incendie dans la maison de chambre où il logeait, au 671, rue Saint-François Est à Québec (Québec). Gingras occupait une chambre et, sur le même plancher, M. et Mme Labrie en occupaient une autre. L’incendie s’était déclaré dans une garde-robe pour laquelle les Labrie avaient une clé, et cette garde-robe était munie d’une fenêtre donnant sur la chambre de Gingras. Dans la soirée du 31 mai au 1er juin 1967, Gingras s’est rendu chez les Labrie et aurait déclaré que « s’ils rient ce soir, ils riront pas demain matin ». L’ensemble de la preuve fait comprendre que l’incendie « ne pouvait avoir pris naissance par suite de défectuosités électriques ni après l’ouverture de la porte donnant sur le corridor ». Poursuivant l'analyse des faits étalés devant lui, le juge Potvin signale que l'expertise menée à la suite de l’incendie a révélé que la chaise à l’intérieur de la chambre de Gingras était imbibée de gazoline à briquet et qu’elle était placée près de la fenêtre de la garde-robe. On trouvait aussi à cette occasion différentes ficelles dans la chambre de Gingras, dont une sur le cadre de la fenêtre, elle aussi imbibée de gazoline. Pour sa part, Me Roch Lefrançois, procureur de la Couronne, conclut que le « pyromaniaque constituait un danger pour toute la société ». Pour appuyer ses propos, Me Lefrançois fait valoir la longue feuille de route du pyromane et résume la situation ainsi : « Gingras vit seul et toujours dans des maisons de chambre, il constitue donc un danger constant pour la sécurité des gens. »
Le juge rappelle que Gingras pouvait s’estimer heureux de ne pas avoir causé la mort de plusieurs personnes. « Vous êtes de cette race d’individus qui trouvent une certaine jouissance à mettre le feu... On ne peut vous garder dans la société », conclut-il.
Adélard Gingras décède le 7 juillet 1972 à Montréal (Québec), probablement au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul. Gingras a été incarcéré à plusieurs reprises, mais ce pourrait n’être que la pointe de l’iceberg, car il a probablement allumé plusieurs autres incendies restés inconnus ou sans preuve. Il aurait eu besoin de soins médicaux ou psychiatriques qu'il ne semble pas avoir obtenus, malgré l’appel du juge en 1945.
Source : Journal de Québec, édition du 6 décembre 2020 sous la plume de Rénald Lessard, archiviste-coordonnateur, Bibliothèque et Archives nationales du Québec
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