L'abbé Ivanhoë Caron a marqué l'histoire religieuse, culturelle et institutionnelle du Québec à travers ses multiples rôles de prêtre catholique, d'archiviste, d'historien et de missionnaire-colonisateur.
Son parcours professionnel débute d'abord lorsqu'il exerce les fonctions d'agent d'immigration pour le gouvernement canadien entre 1909 et 1911. Animé par la suite par un profond zèle pour l'essor de la province, il s'investit de façon remarquable dans l'organisation et le développement des premiers établissements de Canadiens français en Abitibi-Témiscamingue, agissant à titre de missionnaire-colonisateur de 1912 à 1926. Cet engagement de terrain s'accompagne d'une contribution majeure aux sciences historiques et à la préservation du patrimoine documentaire québécois.
Son érudition et son labeur trouvent un écho privilégié dans ses écrits, dont témoignent notamment ses ouvrages de référence intitulés La colonisation de la province de Québec, Débuts du régime anglais, 1760-1791, paru en 1923, et La colonisation de la province de Québec, Les Cantons de l'Est, 1791-1815, publié en 1927, ainsi que son travail d'éditeur intellectuel sur le Journal de l'expédition du chevalier de Troyes à la baie d'Hudson, en 1686.
Ses accomplissements d'envergure lui valent de prestigieuses marques de reconnaissance, parmi lesquelles son élection comme membre de la Société royale du Canada en 1921, l'obtention d'un doctorat honoris causa de l'Université Laval la même année, de même que l'attribution du Prix David à deux reprises, soit en 1923 et en 1927.
Aujourd'hui, la mémoire et l'œuvre de ce grand artisan du patrimoine national demeurent accessibles aux chercheurs, puisque ses fonds d'archives personnels sont conservés au centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).